En effet, depuis le 29 décembre on ne dit plus « Smartphone », mais « ordiphone ».

Chaque année, la commission de terminologie et de néologie donne des nouveaux mots pour désigner certains éléments de l’environnement informatique.

Bien que je comprenne sans mal l’envie de protéger la langue française, je suis contre ce procédé pour au moins deux raisons :

La première raison:

C’est la sortie tardive de ce nouveau mot qui est censé remplacé l’ancien (souvent d’origine anglaise) qui est pourtant utilisé depuis plusieurs années.

Par exemple, le premier Smartphone date de 1996, il s’agit du Nokia Communicator 9000. En 2001 RIM, avec ces BlackBerry, devient la référence auprès des professionnels et que dire de l’Iphone lancé par Apple en 2007.

La deuxième raison:

C’est l’absurdité parfois utilisée pour remplacer le terme anglais en français. Je ne parlerais pas de l’arroseur (Envoi d’un même message électronique à un très grand nombre de destinataires au risque de les importuner. Un exemple est l’envoi de messages publicitaires.) ou clavardage (dialogue en ligne).

Pour moi l’une des plus grandes stupidités a été de remplacer CD-ROM, par cédérom.
En effet, CD-ROM est une abréviation de compact disc read only memory, en français disque compact en lecture seule.

Pourtant, les Français sont champions du monde dans l’utilisation des sigles, comme avec leur métro qu’ils appellent RER (réseau express régional), ou la RATP (régie autonome des transports parisiens).

Que dirait-il, si nous transformions leur RTT (réduction du temps de travail) en airtété…

Je vais donc clore mon article ici, et je vous laisse découvrir cette nouvelle liste :

  • le peering devient appairage
  • les registrar, domain name registrar ou DNS registrar devient registraire ou bureau d’enregistrement
  • le TLD (top level domain) devient domaine primaire (ou de premier niveau). Les domaines primaires sont les .com, .fr, .net, .uk, .info, .biz, .de,…
  • l’ADSL laisse sa place à la liaison numérique asymétrique (elle remplace le raccordement numérique asymétrique de 1999). Le SDSL serait la liaison numérique symétrique?
  • les TLD registrars deviennent les offices d’enregistrement (AFNIC pour le .fr et .re, par exemple)
  • les Mobile Network Virtual Opérator (MNVO) deviennent  des Opérateurs de téléphonie mobile sans réseau (Virgin Mobile, NRJ Mobile, Horizon Mobile,…)
  • les PDA phone, personal communicator et autres smartphones deviennent des des ordiphones ou des terminaux de poche.
  • la VoIP devient la voix par IP ou voix par le protocole de l’Internet
  • le bundle et le package deviennent l’offre groupée
  • le chief information officer (CIO) devient le directeur des systèmes d’information (DSI)
  • le chief technology officer (CTO) devient le directeur des techniques informatiques (DTI)
  • le cercle de confiance remplace le circle of trust
  • le clickstream devient le parcours sur la toile ou, tout simplement parcours
  • le daemon devient le démon (qu’il s’agit de messagerie dans les courrieleur ou d’exécution pour les logiciels de réseau)
  • l’indexation personnelle remplace le folksonomy
  • l’opt-in et l’opt-out deviennent des options d’adhésion et de retrait (d’un programme de courriel publicitaire ou d’un site)
  • le pharming, qui permet le détournement des URL vers un mauvais site (cas récent sur Twitter), devient du dévoiement
  • les skyscraper rejoignent les bannières (dans son cas, il s’agit de bannière verticale)
  • le toner n’est au final que de l’encre en poudre
  • les Web services deviennent des services de la toile.